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Poèmes/textes

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CLAIR DE LUNE INTELLECTUEL


Ma pensée est couleur de lumières lointaines,
Du fond de quelque crypte aux vagues profondeurs,
Elle a l'éclat parfois des subtiles verdeurs
D'un golfe où le soleil abaisse ses antennes.

En un jardin sonore, au soupir des fontaines,
Elle a vécu dans les soirs doux, dans les odeurs;
Ma pensée est couleur de lumières lointaines,
Du fond de quelque crypte aux vagues profondeurs.

Elle court à jamais les blanches prétentaines,
Au pays angélique où montent ses ardeurs,
Et, loin de la matière et des brutes laideurs,
Elle rêve l'essor aux célestes Athènes.

Ma pensée est couleur de lunes d'or lointaines.

Émile Nelligan
LA SENSIBILITÉ


Quand on est trop sensible on a des hauts et des bas
Un rien nous fait pleurer, mais une gentillesse on ne l'oublie pas
Pas facile de toujours penser
Que le monde on peut déranger
Et si on nous parle un peu brusquement
Tout de suite on se dit qu'on nous aime moins qu'avant
Je crois que c'est nous qui aimons trop les gens
Nos ami(e)s, nos connaissances et nos parents
On veut tellement leur faire plaisir
Qu'un petit désappointement nous fait souffrir
Le manque de confiance en nous
Ne nous aide pas du tout
Mais quelques mots d'encouragement
Et on reprend un peu confiance pour quelques temps
Si on pouvait un jour changer
Et arrêter d'avoir de la peine pour tout ce qui peut nous arriver


(Auteur inconnu)
IL FAIT BEAU AUJOURD'HUI



Bien sûr que la vie est remplie de misères,
Je n'ai jamais dit le contraire.
Je sais que j'en ai eu ma part à éteindre
Et que j'ai mille raisons de me plaindre.
Contre moi vents et orages se sont unis;
Et combien de fois le ciel a été gris!
Les épines et les ronces m'ont piqué,
À gauche, à droite, et ailleurs aussi.
Mais, pour dire toute la vérité,
Fait-il assez beau aujourd'hui!

À quoi sert de toujours brailler
Et de rabâcher les soucis d'hier?
À quoi sert de ressasser le passé
Et, au printemps, de parler de l'hiver?
Un chacun doit avoir ses tribulations
Et mettre de l'eau dans son vin.
La vie n'est certes constante célébration.
Des soucis? Bien sûr, j'ai eu les miens.
Mais il faut bien le voir aussi:
Il fait diablement beau aujourd'hui!

C'est aujourd'hui que je vis,
Et non pas il y a un mois.
T'en as, t'en as pas, tu donnes et tu prends
Selon qu'en décide le moment.
Hier, un nuage de chagrin
A bien assombri mon chemin.
Demain, il pleuvra peut-être
À casser les carreaux de fenêtres,
Mais faut le dire, puisque c'est ainsi:
Fait-il assez beau aujourd'hui!


Douglas Malloch
AVEUX



Cette nuit, une fois de plus,
Tu es venue hanter mes rêves.
M'accorderas-tu une trêve,
A moi encore si ingénu ?

Dans mes songes, tu es toujours
La même. Tu es rayonnante,
Mais plus encore quand tu chantes,
Car alors tu n'es plus qu'amour.

Cependant, à mon grand regret,
Ta silhouette et ton visage,
Flous, mais dignes de louanges,
Ne me sont jamais dévoilés.

Aujourd'hui, ce dont je suis sûr,
C'est que tu déchires mon cour,
Car pour moi tu es le bonheur,
Inaccessible aux êtres impurs.

Hélas ! Mon âme est bien trop laide
Pour que tu puisses m'accorder
La faveur de ton amitié,
Alors que j'ai tant besoin d'aide !

Et pourtant j'ose me mettre à nu.
En te déclarant mon amour,
Sans même t'avoir fait la cour,
Je sais que je serai déçu.

Mais qu'importe puis qu’alors,
Tremblant, de froid et de terreur,
Ruminant ma terrible erreur,
Je n'aurai qu'à tirer au sort :

Le courage ou la lâcheté,
Le présent ou l'éternité,
La peur ou la tranquillité
En un mot : la vie ou la mort.


Jérôme LAMARQUE
L'AMITIÉ


Comme un arbre, l'amitié grandit au fil des ans. Ses racines prennent de la vigueur et lui permettent de devenir grande et forte. C'est de cette façon que la nôtre s'est développée, et malgré nos hauts et nos bas, nous avons vu grandir ce partage de notre quotidien. Aujourd'hui, pour s'apercevoir que l'autre a besoin d'un peu d'attention ou simplement de notre présence, nul n'est besoin de se parler. Je remercie la vie de t'avoir mis sur ma route; vraiment, ce fut l'un des plus beaux cadeaux qu'elle m'a fait. Tout comme moi, tu es un arbre qui a essuyé bien des tempêtes et des ouragans. Contre vents et marées, nous avons toujours su garder le moral, apprécier le retour du soleil et régénérer nos forces dans les moments d'accalmie.
Le plus merveilleux pour moi est de voir que nous sommes encore côte à côte. Comme deux vieux arbres, nous sommes toujours empreints de la même vigueur et du même besoin de survie qui nous ont permis de rester debout jusqu'à ce jour. La vie nous réserve sûrement encore bien des surprises, mais rien ne pourra détruire ce merveilleux bien qui nous unit. Continuons à prendre soin des racines de notre AMITIÉ, de façon à ce que nous puissions encore longtemps partager notre quotidien et apprécier chaque jour que nous vivons.

Andrée Lapierre
PRIÈRE SIMPLE ✅ ✅ ✅ ✅

Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix.
Là où il y a de la haine, que je mette l'amour.
Là où il y a l'offense, que je mette le pardon.
Là où il y a la discorde, que je mette l'union.
Là où il y a l'erreur, que je mette la vérité.
Là où il y a le doute, que je mette la foi.
Là où il y a le désespoir, que je mette l'espérance.
Là ou il y a les ténèbres, que je mette votre lumière.
Là ou il y a la tristesse, que je mette la joie.

Que je ne cherche pas tant
À être consolé, qu'à consoler;
À être compris, qu'à comprendre;
À être aimé, qu'à aimer.

Car,
C'est en donnant, qu'on reçoit;
C'est en s'oubliant, qu'on trouve;
C'est en pardonnant, qu'on est pardonné;
C'est en mourant, qu'on ressuscite à l'éternelle vie.


Saint François d'Assise
OVERDOSE


Ange avait une vie saine,
Ses études, il avait la moyenne.
Ange aimait ses parents,
Il était de bon tempérament.

Dans le quartier des HLM,
Il vécu, là, sans problème.
Malgré tout son savoir,
Son avenir était noir.

Le soir de ses quatorze ans,
Le môme écouta les grands.
Ils lui ont proposé une dose,
Gratuitement, je suppose.

Cette proposition fut remise,
Évidemment, à plusieurs reprises.
Épris par cette nouvelle vision,
Il fut accroc de ce poison.

Entre deux prises, de plus en plus morose,
Tous les jours, il lui fallait sa dose.
Augmentant la quantité,
Pour un rêve de qualité.

Et l'argent, pas facile,
De le trouver à domicile.
Avec de petits larcins,
Il nourrissait sa faim.

La faim d'une poudre blanche,
S'alimentant sous ses manches.
La qualité d'une dernière dose,
Lui provoqua une overdose.

Ange, toujours souriant,
Aimait la vie, ses parents.
Les revendeurs l'oublièrent,
Pour faire de même à ses frères.

Vendeurs de poudre réfléchissez!
Vendeurs de larmes arrêtez!
L'argent ne fait pas le bonheur,
De nos enfants qui en meurent.
D'avoir voulu une vie de rêve,
Dans un monde où tous crèvent!


CORDELETTRE Patrick
SI JE POUVAIS REVIVRE MA VIE



J'aurais moins parlé mais écouté davantage.
J'aurais invité des amis à venir souper même si le tapis était taché et le divan défraîchi.
J'aurais grignoté du maïs soufflé au salon et ne me serais pas souciée de la saleté quand quelqu'un voulait faire un feu dans le foyer.
J'aurais pris le temps d'écouter mon grand-père évoquer sa jeunesse.
Je n'aurais jamais insisté pour que les fenêtres de la voiture soient fermées par un beau jour d'été tout simplement parce que mes cheveux venaient tout juste d'être coiffés.
J'aurais fait brûler ma chandelle sculptée en forme de rose au lieu de la laisser fondre d'elle-même parce qu'entreposée pendant trop longtemps dans l'armoire.
Je me serais assise dans l'herbe avec mes enfants sans me soucier des taches de gazon.
J'aurais moins ri et pleuré en regardant la télé, mais davantage ri et pleuré en regardant la vie.
Je serais restée au lit lorsque malade plutôt que de prétendre que la terre cesserait de tourner si je ne travaillais pas cette journée-là.
Je n'aurais jamais rien acheté pour la simple raison que c'était pratique, ou encore à l'épreuve des taches ou parce que garanti pour durer toute la vie.
Au lieu de souhaiter la fin de mes neuf mois de grossesse, j'en aurais savouré chacun des instants en réalisant que la merveille grandissant en dedans de moi était la seule chance de ma vie d'aider Dieu à faire un miracle.
Lorsque mes enfants m'embrassaient avec fougue, je n'aurais jamais dit: "Plus tard. Maintenant va te laver les mains avant de souper."
Il y aurait eu plus de "Je t'aime"..., plus de "Je suis désolée"...,
mais surtout, si on me donnait une autre chance de revivre ma vie, j'en saisirais chaque minute... la regarderais et la verrais vraiment..., la vivrais... et ne la redonnerais jamais.


Erma Bombeck
TOI


Toi, qui veut jouer à tromper les autres
Toi, qui aime le regard des autres
Toi, qui a une carapace sur le dos
Apprends que même les personnes les plus détestables attirent les sympathies.
Toi, qui veut rester toujours seul
Toi, qui te conduis comme un ermite
Toi, qui te fous des autres et des malheurs d’autrui
Sache qu’où tu iras, il y aura toujours quelqu'un à tes côtés.
Toi, qui possède une intelligence rare
Toi, qui souris parfois
Toi, qui peut-être doux parfois
Toi, tu le sais que tu te mens.
Même en te cachant derrière ta méfiance et ton armée de défenseurs,
il y aura toujours quelqu’un qui te reconnaîtra.
Et là, tu seras perdu, mais tu sauras au moins… Que c’est TOI.


Edith Pradalié
ELLE



Elle, elle voulait rester innocente
Croire en l'avenir, croire au bonheur
Elle ne vivait que pour les autres et que par les autres
Pour elle, les Hommes étaient merveilleux, pleins d'espoirs.

Elle, elle voulait rester innocente
Croire en la magie, croire que tout était possible
Elle riait, souriait, parlait aux inconnus qu'elle croisait
Pour elle, chaque individu était un ange envoyé de Dieu.

Mais pendant une journée pluvieuse
Elle se mit à réfléchir
Elle s'évoquait ce qu'elle avait fait de sa vie
Elle pensait: "Qu'est ce qu'on a fait pour moi"?

Et pendant une journée brumeuse
Ses idées s'obscurcirent
Elle se perdit dans ses sourires, dans ses bonnes intentions
Elle ne croyait plus en eux.

Pendant une journée glaciale
Elle s'enferma dans son monde
Avec pour seule amie sa solitude
Elle, elle voulait juste rester innocente.

Edith Pradalié
L'AMOUR DE CASSANDRE


Prends cette rose aimable comme toi
Qui sers de rose aux roses les plus belles,
Qui sers de fleurs aux fleurs les plus nouvelles,
Qui sers de muse aux Muses et à moi.

Prends cette rose, et ensemble reçois
Dedans ton sein mon coeur qui n'a point d'ailes;
Il vit, blessé de cent playes cruelles,
Opiniâtre à garder trop sa foi.

La rose et moi différons d'une chose:
Un soleil voit naître et mourir la rose,
Mille soleils ont vu naître m'amour,

Qui ne se passe et jamais ne repose.
Que pût à Dieu que mon amour éclose
Comme une fleur ne m'eût duré qu'un jour!


Pierre de Ronsard

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